Mohamed Lekleti dessine et nous raconte le monde. A son trait noir rehaussé de couleurs éparses, il ajoute parfois des incères tels que des animaux empaillées ou des statuettes africaines. L’artiste saisit l’instant pour évoquer la précarité de l’existence humaine. Il nous invite à une comedia dell’arte frontale, sans décor de fond pour ne pas détourner notre regard du huis clos dans lequel évoluent ses personnages.

Corps désarticulés ou hybrides, scènes oniriques ou de combats, les thèmes abordés par l’artiste confinent parfois au malaise. La décomposition du mouvement, élément intrinsèque de son travail, trouble notre perception des corps et aurait sans doute plu aux futuristes italiens.

S’il se nourrit de la vie quotidienne et de son histoire tragique, Mohamed Lekleti puise également dans la mythologie. D’Icare au Minotaure en passant par Narcisse et Ulysse, l’artiste se nourrit des trajectoires de ces figures auxquelles il ajoute de nombreuses métaphores pour dépeindre notre époque.

L’œuvre de Mohamed Lekleti exprime avec subtilité, puissance et justesse l’ambivalence présente en chacun de nous. Elle nous pousse à accepter différents points de vue en lien avec notre vécu, notre culture ou encore nos croyances.

Depuis le début des années 2000, l’artiste réalise des œuvres éphémères sous forme de parcours urbain. Une façon pour lui de sortir des cadres institutionnels et d’ouvrir un dialogue avec le public.