Loft Art Gallery présente What We Carry, une exposition des artistes ghanéens Kwaku Yaro et James Mishio, qui ouvrira ses portes le 28 octobre 2026 dans l’espace de la galerie à Marrakech. Réunissant de nouvelles œuvres développées au cours de leur résidence à Marrakech, l’exposition marque l’aboutissement d’une période de recherche, d’expérimentation et d’échange entre le Maroc et le Ghana.
Développée autour d’un fil curatorial reliant Accra et Marrakech, What We Carry explore les récits dont sont porteurs les matériaux du quotidien et les significations qu’ils acquièrent lorsqu’ils circulent entre les corps, les communautés et les territoires. À travers des vêtements de seconde main, des matériaux tissés et des objets ancrés dans la vie quotidienne, Yaro et Mishio interrogent la manière dont les matériaux peuvent conserver les traces d’expériences individuelles et collectives, tout en acquérant de nouvelles significations au gré de leur circulation, de leur réemploi et de leur transformation.
Pour James Mishio, cette recherche établit un lien entre la culture de la seconde main au Ghana et l’univers de Kantamanto, marché emblématique du commerce de vêtements de seconde main à Accra, et la relation propre au Maroc avec le l’bal et l’économie textile de ses souks. Travaillant le pastel, l’huile, l’acrylique et le tissu sur toile, Mishio intègre des fragments de vêtements de seconde main à ses compositions peintes. Le tissu ne reste pas cantonné aux vêtements de ses figures : il se déploie au-delà du corps, investissant les arrière-plans et des zones inattendues de la toile, et s’appropriant des espaces qui ne lui étaient pas initialement destinés. À travers ce geste, Mishio explore ce qu’il décrit comme un « monde libre » : non pas une utopie, mais une ouverture au sein de laquelle de nouvelles possibilités peuvent émerger.
Son séjour à Marrakech l’a également amené à reconsidérer plus largement son rapport à l’espace, à la matière et à la perception.
Pour Kwaku Yaro, la matière est elle aussi indissociable de la mémoire, de la communauté et de l’expérience vécue. Sa pratique est profondément nourrie par son enfance au Ghana, où il a grandi avec la conviction que l’individu se construit au sein d’une communauté plus large. Les matériaux du quotidien sont devenus centraux dans son langage artistique, à mesure qu’il cherchait à développer une pratique ancrée dans sa propre identité et son expérience. Le rapport de Yaro à ces matériaux est également lié à son histoire familiale. Sa mère travaillait comme commerçante dans le secteur alimentaire et fréquentait régulièrement les marchés locaux, des environnements dans lesquels nombre des matériaux qu’il allait plus tard intégrer à sa pratique lui sont devenus familiers. En repositionnant dans son travail des matériaux du quotidien, souvent négligés ou considérés comme ordinaires, Yaro cherche à leur conférer une identité et une signification nouvelles, tout en invitant le regardeur à reconsidérer la manière dont il les perçoit et leur attribue de la valeur. Au cours de sa résidence à Marrakech, il a prolongé cette réflexion en s’intéressant à la manière dont les matériaux tissés revêtent des fonctions et des significations différentes selon les communautés et les pays. Sa rencontre avec les tapis traditionnels marocains l’a conduit à en étudier les origines, les usages et les histoires avant de les intégrer à son propre langage artistique.

