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Melehi et le Déluge

‘‘Melehi et Le Déluge’’ poursuit la réflexion de l’artiste sur les problématiques climatiques actuelles. Entamée par l’artiste en 2016 lors de la Conférence Internationale sur le Climat (Cop 22) qui se tenait alors à Marrakech, le peintre ne cesse de s’intéresser aux problèmes climatiques. A l’époque, Loft Art Gallery avait exposé les toiles regroupées sous le titre ‘‘Hymne au climat’’.
Les ondulations qui autrefois s’appelaient « flammes » changent ici de position faisant ainsi référence aux flots débordants. Elles ponctuent  l’horizon et dévoilent les éléments déchainés ; nuages menaçants et houle forte suggèrent les grondements de tonnerre et la catastrophe imminente.
Mohamed Melehi, artiste à la carrière internationale se nourrit ici de l’actualité. Il incite son public à une prise de conscience nécessaire et urgente.

Mohamed Melehi
Né en 1936 à Assilah, Maroc
Vit et travaille à Casablanca

Chef de fil de la modernité marocaine et artiste cosmopolite, Mohammed Melehi est né en 1936 à Assilah au Maroc.
L’œuvre de Mohammed Melehi a contribué à façonner l’esthétique des réseaux artistiques postcoloniaux et panarabes à travers ses expérimentations géométriques, la révolution culturelle opérée avec l’École de Casablanca mais aussi son travail de photographe, éditeur, designer, affichiste et muraliste qu’il développa tout au long de sa carrière.

Précurseur d’une nouvelle expression picturale, Mohamed Melehi entame très jeune son parcours artistique en Europe. Il n’a que 19 ans lorsqu’il il intègre l’École des beaux-arts de Séville en 1955. Il rejoindra celle de Madrid l’année suivante. En 1958, alors que l’artiste quitte l’Espagne pour l’Italie, il organise sa première exposition personnelle à la Bibliothèque Américaine de Tanger. Il y présente des œuvres de facture radicalement abstraite sur des supports de toile de jute cousue et tatouée de signes, et des tissages de laine employés traditionnellement pour la confection des djellabas, jouant ainsi sur la valeur expressive de ces matériaux et leurs résonances symboliques avec la culture visuelle locale. Par cette démarche, audacieuse pour l’époque, Melehi confirme son émancipation de l’académisme et sa filiation à l’art informel, style pictural dominant dans l’Europe d’après-guerre. Cette exposition montre un parti pris radical dans lequel l’artiste assume pleinement sa modernité dans un Maroc fraîchement indépendant. Elle est aussi annonciatrice de la vision artistique de Melehi qui guidera l’ensemble de son œuvre, marquée par la recherche d’une modernité picturale en interaction avec sa culture et porteuse d’un langage esthétique universel.

Installé à Rome de 1957 à 1961 il travaillera avec la galerie Trastevere dirigée par Topazia Alliata (1913-2015), femme de culture cosmopolite autour de laquelle gravitent les artistes d’avant-garde et les intellectuels italiens. Cette dernière lui consacre quatre expositions entre 1959 et 1963. Dès lors, Melehi se retrouve en contact avec les artistes les plus novateurs (Accardi, Burri, Fontana, Kounellis, Perelli, Capogrossi…) et assiste à des expositions d’artistes internationaux, notamment celles des jeunes peintres expressionnistes abstraits américains Jackson Pollock, Willem De Kooning et Robert Rauschenberg.
Loin de se laisser influencer, Jean-Hubert Martin nous fait observer l’originalité du travail de Melehi à cette période. « À la violence destructrice et chaotique des Italiens et des expressionnistes abstraits, [Melehi] oppose la rigueur et la sérénité de la composition ordonnée ».

C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Jilali Gharbaoui et retrouve ses amis Mohamed Chabâa et Mohamed Ataallah à l’Académie des beaux-arts, où ils poursuivent leurs études tout en évoluant dans un environnement culturel et artistique gagné par l’esprit du renouveau.

Bien que très implanté dans la scène artistique romaine, Mohammed Melehi décide de découvrir Paris puis les Etats-Unis devenus pour lui le nouvel épicentre de l’art. Il s’installe à New York à la fin de l’année 1962 et se met à peindre une série de tableaux révélateurs de son immersion au cœur d’un paysage culturel, urbain et musical qui le fascine et l’inspire. Il abandonne la peinture noire, qui cède la place à des couleurs vives et à une abstraction géométrique inspirée du progrès scientifique ambiant, dans ce qui peut être interprété comme un éloge de la cybernétique. C’est à cette époque que se manifeste dans ses peintures une prédilection pour la ligne courbe, annonçant ainsi l’apparition du motif ondulatoire qui deviendra l’élément clé de son œuvre et demeure, aujourd’hui encore, au centre de ses préoccupations artistiques.
Durant son séjour new-yorkais, Melehi fréquente les artistes connus, les galeries en vue et participe à deux expositions collectives majeures en 1963, « Hard Edge and Geometric Painting and Sculpture » au MoMA de New York, et « Formalistes » à la Washington Gallery of Modern Art, confirmant son intégration à la scène artistique américaine.

Durant les dix ans passés à l’étranger, Melehi prend part à l’émergence de courants artistiques majeurs à travers la plupart des capitales culturelles occidentales dans la deuxième moitié du siècle dernier. Il décide cependant de regagner le Maroc en 1964, avec l’envie de contribuer au dynamisme culturel de son pays et intègre l’École des beaux-arts de Casablanca, alors dirigée par Farid Belkahia.
Il y enseigne de 1964 à 1969, aux côtés de deux historiens d’art, Toni Maraini et Bert Flint. Ils seront rejoints par la suite par ses complices de Rome, Chabâa et Ataallah. Tous ont évolué comme lui dans les hauts lieux de la modernité artistique en Europe et en Amérique du Nord, et ont assimilé la pensée du Bauhaus. Ils forment un collectif de recherche et de création qui vise à concevoir une nouvelle pratique artistique pensée comme indissociable d’une remise en question sociale plus large. A cette époque, Melehi renoue avec la conception esthétique de la civilisation musulmane qui a pour principe de donner forme à la pensée en ne copiant objectivement ni la nature, ni l’homme. Il intègre à son œuvre, en plus des formes géométriques et des couleurs en aplats, un nouveau corpus ornemental tel que l’arc-en-ciel, la flamme, le rayon, les astres ou la calligraphie, tout en privilégiant les formes ondoyantes devenues caractéristiques de son œuvre picturale.

Parallèlement, Melehi prône, à travers ses recherches menées au sein de l’Ecole de Casablanca, l’intégration de l’art dans la vie quotidienne et initie avec ses camarades des manifestations artistiques extra-muros, dont celle, historique, baptisée « Présence plastique », qui s’est tenue place Jemaâ el-Fna à Marrakech en 1969. Melehi prend une part active à la vie culturelle des années 1960 et s’implique sur plusieurs fronts. Il fonde la revue d’art « Intégral » qu’il anime de 1971 à 78. En 1978, il cofonde le Festival culturel international d’Asilah et lance un programme de peintures murales éphémères, déployées dans les rues de la médina de cette ville.
L’œuvre féconde de Melehi dans les années 1970 et 80 révèle une recherche exigeante d’une forme moderne de représentation et dégage une esthétique transversale propre à l’articulation entre figuration et abstraction, entre identité et modernité. Elle fera l’objet d’une importante exposition, « Melehi, Recent Paintings », au Bronx Museum of the Arts à New York (1984-1985).

Au fil du temps, l’œuvre de Melehi s’affirme avec sa forme ondoyante qui se déploie comme une vague charriant avec elle d’innombrables métaphores. Elle s’accomplit aujourd’hui dans un processus de symbiose temporelle de son parcours artistique, intégrant en son sein la toile de jute madrilène, les bandes de la période romaine et les ondes new-yorkaises.

Son œuvre a fait l’objet de nombreuses expositions dans le monde entier et plusieurs rétrospectives lui ont été consacrées. Parmi ces dernières, l’une est encore en cours au MACAAL à Marrakech. Curatée par Morad Montazami l’exposition avait été présenté à Londres à The Mosaic Rooms au début de l’année 2019 et voyagera à Dubaï au début de l’année 2020 ou elle sera présentée à la Alserkal Foundation. Michel Gauthier, conservateur au Centre Pompidou à Paris lui a récement consacré une monographie qui revient sur les vingt années décisives de la carrière de l’artiste d’Asilah.

Expositions individuelles
2018 
Loft Art Gallery, Zoom sur une Mémoire tatouée.
2017 
Akaa art fair, Also Known As Africa, Paris.
2015 
Art Paris Art Fair, Solo Show, Grand Palais
Art Dubai, Section moderne, Emirats Arabes Unis
2014 Quelques arbres de l’Antiquité, Loft Art Gallery, Casablanca, Maroc
2012 Meem Gallery, Dubaï, Emirats Arabes Unis
2011 Loft Art Gallery permet à Melehi et son oeuvre Pulsations d’intégrer la prestigieuse collection permanente du Centre Pompidou, référence européenne de l’art contemporain
2010 Loft Art Gallery, Casablanca, Maroc
2009 Fondation Niebla, Casavels, Catalogne, Espagne
2008 Galerie Linéart, Tanger, Maroc
2007 Galerie Linéart, Tanger, Maroc
2002 Galerie Bab Rouah, Rabat, Maroc
2002 Matisse Art Gallery, Marrakech, Maroc
1997 
Rétrospective à la galerie Bab Rouah, Rabat
Invité d’honneur à la Biennale Internationale de Sharjah, Emirats Arabes Unis
1996 Roshan Fine Arts Gallery, Jeddah, Arabie Saoudite
1995 Rétrospective à l’Institut du Monde Arabe, Paris, France
1986 
Duke University Gallery, Durham, North Carolina, USA
La Banque Mondiale, Washington D.C. USA
1985 Galerie AlifBa, Casablanca
1984 Melehi, Recent Paintings, The Bronx Museum of Arts, New York, USA
1980 Galerie Al Kasbah, 3ème Moussem culturel d’Assilah, Maroc
1975 Galerie Nadar, Casablanca, Maroc
1971 Galerie L’Atelier, Rabat, Maroc / Sultan Gallery, Kuwait
1968 Pecanins Gallery, Mexico City, Mexique
1967 Galerie du Livre, Casablanca, Maroc
1965 
Galerie Bab Rouah, Rabat, Maroc
Galerie Municipale, Casablanca, Maroc
1963 The Little Gallery, Minneapolis Institute of Arts, Minneapolis, USA
1962 Galerie Trastevere di Topazia Alliata, Rome, Italie
1958 The American library, Tanger, Maroc


Expositions collectives

2013 
Loft Art Gallery, grand prêteur de l’exposition « Le Maroc Contemporain » de l’Institut du Monde Arabe à Paris, permet à Melehi d’être à l’honneur lors de la manifestation, aux côtés de Belkahia.
Loft Art Gallery revient sur l’oeuvre de l’artiste dans son livre DConnexions, à l’occasion de ses cinq années d’existence.
Le Centre Pompidou prête l’oeuvre Pulsations au MAMAC de Nice dans le cadre de la célèbre exposition « Bonjour Monsieur Matisse ». Melehi est exposé aux côtés de géants comme Andy Warhol ou Niki de Saint Phalle.
2012 Loft Art Gallery rend hommage à Mohamed Melehi dans son livre Zoom sur les années 60
2011 Noir & Blanc, LOFT Art gallery, Casablanca
2010 
Marrakech Art fair
Sculptures, galerie Arcanes, Marrakech, Maroc
Corps et Figure des Corps, Société Générale, Casablanca, Maroc
2009 
Signes et paysages, galerie LOFT, Casablanca, Maroc
Fondation Mohamed VI,Rabat, Maroc
2006 Biennale d’Alexandrie, Egypte
1989 Peintres marocains à Madrid, Centre Conde Duque, Madrid
1988 29 peintres marocains au Caire, Le Caire, Egypte
1987 Biennale de Sao Paolo, Brésil
1986 Journées culturelles marocaines au Portugal
1981 
Dix ans à L’Atelier, Galerie Bab Rouah, Rabat, Maroc
Petits formats, Galerie Nadar, Casablanca, Maroc
1967 The world show, pavillon du Maroc, Foire internationale de Montréal, Canada
1966 Belkahia, Chebaa, Melehi, hall du Théâtre National Mohammed V, Rabat, Maroc
1965 Knoll international Gallery, Rome, Italie.
1964 The world show, Washington Square Gallery, New York, USA
1963 
Hard Edge and geometric painting and sculpture, The Museum of Modern Art (MoMA), New York, USA
Trois peintres abstraits, Bertha Schaefer Gallery, New York, USA
The Formalists, The Washington Gallery of Modern Art, Washington D.C. USA
Eight contemporary artists from Rome, The Minneapolis Institute of Arts, Minneapolis, USA
1962 5 Künstler aus Rom, galerie Suzanne Bollag, Zurich, Allemagne
1960 Art contemporain italien, Institute of Design, Chicago, USA
1958 
Biennale d’Alexandrie, Egypte
Deux peintres marocains,Melehi et Gharbaoui, Centro italo-arabo, Rome, Italie

www.loftartgallery.net